10 ans de terrain pour vous ouvrir les coulisses de la conservation en Afrique.

Infirmière vétérinaire et fondatrice de Bwild, notre association de protection des espèces menacées, cela fait maintenant plusieurs années que j’évolue en Afrique auprès de partenaires engagés dans la conservation de la faune sauvage.

Laura souriante portant des lunettes de soleil, un t-shirt vert avec le logo blanc de l'association Bwild, dans un environnement naturel avec des arbres et des fleurs en Afrique du Sud.

MON HISTOIRE

Comme beaucoup dans ce milieu, ma passion pour les animaux m'est venue très tôt. J'ai grandi bercé par les images de films mythiques comme Le Roi Lion ou Sauvez Willy, et à 15 ans, je m'envolais déjà vers l'Afrique pour la première fois, le goût du voyage transmis par mes parents. Pourtant, j'ai longtemps mis cette passion de côté pour suivre une voie plus conventionnelle, un master aux États-Unis, des premières années en tech start-up, une carrière orientée vers la finance et le commerce. Une vie stable économiquement, qui m'apprenait beaucoup, mais qui ne me faisait pas vraiment vibrer.

À 25 ans, un voyage à Tahiti change tout. Je me mets à l'eau et découvre une baleine à bosse et son petit, soudain, son chant me traverse le corps et son regard se pose sur moi. Je suis ressortie de l'eau en sachant, pas en pensant, en sachant au plus profond de moi, que je ne pouvais pas continuer comme avant. La petite fille qui rêvait des animaux n'avait pas disparu, elle attendait simplement que je la rappelle.

TAHITI — LE DÉCLIC

“Je suis ressortie de l'eau en sachant que je ne pouvais pas continuer comme avant. C'est cette baleine qui m'a remise sur ma vraie route.”

De retour dans mon quotidien, je jongle entre mon travail, la finance et le commerce, qui me permettaient de travailler à distance et d'avoir un revenu stable, et ma passion éveillée en réalisant diverses missions d'écovolontariat sur le terrain, qui m'emmènent aux quatre coins de l'Afrique, et du monde. C'est lors de ces missions que je découvre le métier d’infirmière vétérinaire, et que je forge mon regard sur la conservation : ses programmes éthiques, mais également ses dérives. Je me forme aux États-Unis et rendre en France pour travailler en service d'urgence vétérinaire, puis repars en Afrique aussi souvent que possible, notamment au Mozambique, qui devient peu à peu mon pays de cœur.

DEUX CASQUETTES

Laure souriante portant une casquette blanche et un haut de plongé rose, assise dans un bateau en pleine mer au Mozambique, en train de prendre des notes.

C'est là-bas, au lendemain du COVID, que je fais un constat alarmant : les associations locales sont au bord du gouffre. Le tourisme s'est arrêté brutalement, les financements aussi, mais le travail sur le terrain, lui, n'a jamais cessé. Ces équipes ont continué à soigner, à surveiller, à protéger, souvent sans ressources, souvent sans visibilité. Personne ne parlait d'elles, ni ne les aidait vraiment.

Avec un ami, nous décidons de créer Bwild, une association dont la mission est simple : soutenir ces organismes locaux qui font un travail essentiel dans l'ombre. Les mettre en lumière, leur envoyer de la main d'œuvre bénévole, les aider à structurer leurs appels aux dons et à lever des fonds auprès d'un public plus large. Le but n’est pas de les remplacer, mais de les épauler.

Bwild soutient 8 projets de conservation de la faune sauvage à travers l'Afrique, et ce n'est qu'un début.

Trois dauphins sautant hors de l'eau.

Aujourd’hui, je vis entre la Provence et l'Afrique portée par cette forte conviction : il faut transmettre, éduquer, créer des prises de conscience à travers les voyages et les expériences.

MA MENTOR DE TERRAIN

Angie Gullan, 30 ans avec les dauphins.


Une personne en plongée sous-marine, portant un masque et une combinaison noire, tient une caméra ou une action cam sous l'eau.

Angie Gullan dirige DolphinCare Africa, dans la réserve marine de Maputo. Elle suit les dauphins à bosse et les dauphins bottlenose de l'océan Indien depuis trente ans. La première fois que je l'ai vue à l'eau avec eux, j'ai compris que je vivais quelque chose qu'on ne voit pas ailleurs : une relation construite individu par individu, sur trois décennies, avec des animaux sauvages.

“Elle m'a transmis bien plus que de la science. Elle m'a appris l'énergie, l'intention, le silence, la communication non-verbale avec les animaux, qui s'apprend lentement, par la présence.”

Aujourd'hui, j'ai parfois le privilège de vivre des moments rarissimes comme par exemple celui d’une mère dauphin qui s'approche pour nous présenter son nouveau-né, ou encore le comportement du “Circle swim” durant lequel les dauphins arrêtent leur activité pour venir interagir avec nous. Ces instants ne s'improvisent pas, ils se construisent sur des années de confiance, celle qu'Angie a patiemment tissée, et qu'elle me transmet aujourd'hui.

Cette transmission, c'est ce que je veux ouvrir à mes voyageurs : l'observation fine du comportement, la lecture du vivant, le silence partagé.


CE EN QUOI JE CROIS

La conservation n'est jamais négociable.

— I —

La conservation d’abord

Je ne propose que des destinations, et ne travaille qu’avec des opérateurs qui contribuent réellement à la protection de la fauve sauvage. Le bien-être animal n’est jamais négocié.

Je veille également à être le moins intrusif possible, c’est pourquoi je propose également des safaris à pied ou à cheval afin d’observer la faune dans le calme.

— II —

Une honnêteté totale

Je vous informe de ce que vous allez vraiment trouver sur le terrain, pas une version embellie.

La faune sauvage et les conditions sur le terrain sont imprévisibles, à cela s’ajoute les actions de conservation qui peuvent parfois être intenses.

Vous vivrez toutes ces étapes telles qu’elles sont, et c’est pour ça que vous en sortirez transformés.

— III —

Le soutient des équipes locales

Rangers, vétérinaires, biologistes, pisteurs, ce sont les vrais gardiens de la faune.

Mon rôle est de vous mettre en contact avec eux pour que vous puissiez vous rendre compte de leur travail et de leur engagement. Je veille à ce que la majorité des fonds engagés profitent au pays : guides, cuisiniers, équipes d'hébergement, métiers parfois invisibles mais essentiels.


CE QUE JE REFUSE

L'éthique n'est pas une option.

Le tourisme animalier prend aujourd'hui des formes très contestables, souvent amplifiées par les réseaux sociaux. Plus une pratique est spectaculaire ou intrusive, plus elle est partagée, sans aucun cadre ou pédagogie. Voici ce que vous ne trouverez jamais dans mes voyages.

Une image d’une grande envergure d’une baleine bleu avec son baleineau avec un fond blanc.

Aucun contact physique avec un animal sauvage

Marcher au contact d'un lion, caresser un guépard, prendre un bébé fauve dans les bras : ces pratiques nourrissent une industrie de l'élevage à des fins photographiques, souvent suivie de chasse en enclos. Elles n'ont rien de sauvage et rien d'éthique. Vous ne les vivrez pas avec moi.

Aucune mise en scène pour les réseaux sociaux

L'observation se fait dans le calme, à distance, dans le respect des protocoles vétérinaires et des consignes des rangers. Je préfère que vous reveniez avec moins d'images, mais avec une compréhension réelle des enjeux, plutôt qu'avec une story Instagram virale qui banalise un mauvais comportement. La conservation se fait sans bruit.


Un éléphant d'Afrique se dresse dans la savane avec des arbres en arrière-plan, sous un ciel clair.

RÉCIT DE TERRAIN

La nuit où une matriarche éléphant nous a fait verser une larme.

Cette scène s’est déroulée lors d'une mission de terrain, en dehors de tout séjour organisé, juste moi et l’équipe vétérinaire que j’accompagnais à ce moment-là.

Une éléphante venait de mettre bas, mais son petit était coincé dans une tranchée. Plus elle tentait de l'extraire, plus elle l'enterrait. Nous avons dû l’endormir afin de creuser et de sortir le nouveau-né. Observer ses tout premiers pas, le placenta encore au sol, est parmi l’une des plus belles expériences que j’ai eu la chance de vivre.

Et puis il a fallu réveiller la mère, mais elle ne reconnaît plus son petit et fini par s’éloigner malgré les cris de son petit. Nous sommes impuissants face à cette scène et contraints de partir sur l'urgence suivante, le cœur en miettes.

Quelques heures, plus tard, nous recevons un message des rangers. La matriarche du troupeau était venue accueillir le bébé, la mère et son petit s'étaient retrouvés. La nature avait repris sa course et notre équipe, elle, était en larmes.

C'est ça, la réalité du terrain. Pas un récit linéaire. Pas de l'héroïsme. Des heures où tout vacille, et puis cette magie inattendue qui vous remet debout.

DÉTAILS VOLONTAIREMENT NON LOCALISÉS POUR PRÉSERVER LES ÉQUIPES ET LES ANIMAUX CONCERNÉS.